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Revenue "Chez Moi" par une Modélisation Symbolique



Monique Esser et Noémie Dehouck





Cet article repose sur un témoignage de Monique Esser au sujet d’une consultation en “Clean Language“ réalisée par Noémie Dehouck.

Il a été structuré a posteriori en deux parties : l’une qui met en mots le vécu et l’autre qui fait part de commentaires relatifs aux effets du travail exprimés spontanément par Monique, une semaine plus tard, au cours d’un échange téléphonique.

La partie témoignage évoquera successivement la demande, le processus vécu et le résultat obtenu, tandis que la partie commentaires portera successivement sur le vécu de Monique en tant que cliente - juste après la séance et une semaine plus tard - puis sur ses premières réflexions, en tant que thérapeute en PNLt et chercheuse, à propos des spécificités de la modélisation symbolique et de ses différences par rapport à la PNL classique.

Le témoignage
N.B. : les questions et commentaires en italique entre parenthèses ont été précisés par Noémie.

La demande

J’avais un important problème d’écriture à propos de mon prochain bouquin et j’avais besoin de le résoudre sans tarder, par un vrai travail de changement. La difficulté dans laquelle j’étais enfermée était que je continuais à passer beaucoup de temps à lire, sans en avoir vraiment besoin, alors que le moment était venu d’écrire et d’exprimer ma propre pensée. En lisant ainsi sans arrêt, j’avais le sentiment de me piéger moi-même, comme si je faisais “plus de la même chose“.

J’avais déjà travaillé il y a 6 mois, une partie de ce problème avec un hypnothérapeute américain et j’avais récemment, dans le cadre d’un échange informel avec un collègue philosophe, reçu un bon “diagnostic“ néanmoins trop rationnel pour me faire bouger.

Je devais donc sortir du trop cognitif et trouver une autre manière de penser. En faisant le tour des moyens qui pouvaient me convenir, j’ai pensé à Noémie et à la Modélisation symbolique. Je ne connaissais cette pratique que par “ouie dire“ et lectures. Mais du fait que j’adore les métaphores, je me suis dit que je devrais avoir des affinités avec cette approche, surtout que je savais qu’elle pouvait me conduire rapidement au vrai “noeud“. En plus, je voulais faire ce travail avec quelqu’un en qui j’avais confiance, ce qui était le cas avec Noémie. Je suis donc allée à Lille pour une séance de deux heures.

Le processus vécu

J’ai expliqué très spontanément mon problème à Noémie. A cette occasion, je suis vraiment restée centrée sur mon vécu et sur mon blocage, plus qu’on ne le fait quand on explore l’Etat Présent PNL, parce la thérapeute faisait beaucoup de reformulations, mais aussi parce qu’elle ne posait que des questions sur ce que je disais et exprimais corporellement. J’avais donc, d’entrée, le sentiment d’être comprise et de pouvoir “rester avec moi“.

Après cela (”qu’est-ce que tu aimerais qu’il se passe?“), je me suis surprise moi-même de m’être donné comme but de “ desserrer l’étau dans lequel je me sentais “. Et ce fut très important d’être simplement invitée à expliciter ce qu’était cet étau par les questions du Langage Propre (Quel genre de ? Y a-t-il autre chose à propos de?) et de le localiser dans l’espace (Où?).

Au départ, j’ai mis l’étau dans le futur, c’est à dire à 3-4 mètres en oblique sur ma droite. Après m’être exprimée à ce propos, avec la question (Et où est cet étau maintenant?), il a été immédiatement ramené dans mon corps, dans mes mâchoires, plus précisément dans leur serrement, comme quand je sers les dents pour tenir le coup et ne rien dire.

Cette dernière question a été très importante, parce qu’elle m’a recentrée sur mon vécu corporel du moment. Mais aussi et surtout parce qu’elle m’a ramenée là où j’étais, là où je ressentais l’étau, au présent dans mon corps, au début de la trajectoire qui me conduisait dans le futur.

Entre ces deux extrêmes, il y avait un espace vide que je regardais sans le voir. Puis avec une question de Noémie (Quel genre d’espace est cet espace entre …et … ?), le symbole d’un gué est apparu, un gué à passer, un gué fait de pierres brutes, irrégulières … Des points d’appui et … des risques. Je ressentais donc ce gué comme l’expression d’un espoir et, en même temps, d’une inquiétude.

Explorer le sens du symbole du gué a aussi été très riche. Son sens s’est redéfini de lui-même plusieurs fois, notamment parce que j’ai découvert que sur un gué, il y a moyen de marcher, mais aussi de sauter et de danser. J’en ai fait l’expérience en quittant mon siège à la demande de Noémie (après observation!) pour vivre ces possibilités concrètement. Est apparu alors un ressenti lié à ma liberté.

Après avoir pu vraiment vivre cette liberté, je suis revenue à mon siége, en le déplaçant un peu, à l’invitation de Noémie, car mon ressenti avait beaucoup changé. Et j’ai continué à parler de ma liberté et à imaginer ce qu’elle produisait en moi avec beaucoup de vivacité.

Le moment sans doute le plus fort du travail (repéré par observation par Noémie) est venu d’un mouvement répété de la main gauche que je faisais inconsciemment en parlant, et qui indiquait quelque chose d’insistant à environ un mètre sur ma gauche, à l’opposé du gué. Ce mouvement était apparemment en rapport avec ma liberté.

Puis en me tournant dans la direction qu’il indiquait, en suivant ce que la PNL appelle la trajectoire d’association, le symbole de “La Danse“ de Matisse est apparu en réponse à la question (Et quand cette main va …elle va où?). J’ai été très heureuse de voir cette image. Dans le tableau de Matisse, il y a bien sûr les couleurs flamboyantes, surtout les rouges… Mais une autre chose me plaisait aussi : dans le mouvement des danseurs, il y a toutes sortes d’irrégularités, des élans différents, des distances et des postures variables, même si tous les danseurs se donnent la main. L’ensemble était donc cohérent mais il n’était pas “rangé“. Tout comme dans un gué composé à partir de matériaux bruts, les pierres sont asymétriques. C’était essentiel car, par exemple, sur un chemin continu - trop lisse, trop régulier, trop cadré -, ma liberté n’aurait pas marché.

A partir de là, le gué allait à nouveau se redéfinir (Et quand la danse est là, qu’est-ce qui se passe avec le gué?). Chaque page du livre était devenue un pas sur le gué, ce qui me donnait la possibilité de sauter d’une page à l’autre, d’aller et venir à volonté dans mon livre, de faire de petits ou des grands sauts que j’ai appelés “jumps“, des sauts qui me signalaient que je suivais mes idées dans la liberté et la légèreté.

C’est mon inconscient qui m’a donné cette image. Je l’avais déjà reçue il y a près de dix ans, lors d’un travail en hypnose avec Stephen Brooks. Mais cette fois, suite aux questions posées par Noémie et au fait d’être à nouveau invitée (après observation) à me mouvoir et à me déplacer sur le gué, tout le reste a suivi : le gué n’était plus dangereux, il avait changé de sens Et danser d’une pierre à l’autre était très vivant, très léger et très significatif.

Au final

Quand nous nous sommes quittées, j’avais peur que le travail ne tienne pas! Mais en le résumant, en quelques phrases au téléphone, une semaine plus tard, j’ai pu dire à Noémie que j’étais effectivement revenue “chez moi“. “Je me suis retrouvée moi-même“. J’ai retrouvé mon désir et mes propres pensées. Dit en termes PNL, j’ai retrouvé mon cadre de référence interne d’une façon très spontanée. Je me sentais remplie de moi, non d’une façon égocentrique et narcissique, mais comme si j’étais à nouveau ancrée dans mon projet vis-à-vis de la PNL et vis-à-vis des gens auxquels je le destine. Je suis revenue dans un “JE“ : je pense, je cherche, je me réjouis, je vis...

Les commentaires de Monique

Le vécu juste après la séance

Tout au long du travail, je me suis sentie invitée implicitement à me relier à moi-même. C’est cette façon simple et cette manière singulière d’être ramenée sans cesse à soi au présent qui, je crois, m’a conduite à une métamorphose, une transformation spontanée qui partait de l’intérieur. Ce fut d’autant plus important que mon problème était justement de m’être laissée “déporter“ par un long travail d’étude - ce qui avait été une étape nécessaire et importante au moment où je voulais élargir ma manière de penser -, mais qui, depuis, m’emprisonnait alors que je voulais et devais en sortir.

Tant que j’éprouvais ce besoin sans pouvoir sortir de mes lectures, j’étais dans le “Tiens bon et tais-toi“ de l’étau, un type de réponse qui était bien sûr interconnecté à des expériences passées.

Le vécu une semaine plus tard

Le matin de ce coup de fil, j’avais raconté à une amie ce qui s’était passé lors de la séance de Clean Language. Et ma conclusion avait été : “Je me suis retrouvée moi-même“.

En reprenant le train le jour du travail, je me sentais pleine de joie et prête à modifier ma façon de travailler. Et en même temps, j’avais peur … en me demandant “Est-ce que ça va tenir?“. Et ça a tenu! J’ai repris le travail tout autrement, en dépit de beaucoup de problèmes matériels dus à un dégât des eaux!

Dés le lendemain, j’ai cherché et retrouvé l’image du tableau de Matisse sur Internet. Magnifique. Il en avait plusieurs versions. J’ai choisi la plus belle, la plus lumineuse, pour la faire reproduire.

Un ami m’en a tiré une copie grâce à une imprimante couleur. Je l’ai accrochée au rideau de mon bureau, en pleine lumière et dans la bonne trajectoire. Je la vois donc simplement en levant les yeux. Elle me soutient et me rend légère. C’est un ancrage externe, que j’ai beaucoup employé en rentrant de la séance.

C’est formidable!

Les réflexions qui ont suivi

Comme Cliente, je me suis rendue compte que je ne me suis jamais sentie “détournée“ de mon fonctionnement spontané. La démarche était facile, limpide. Elle coulait de source. Il n’y avait RIEN à faire. Cela se passait tout seul, sans doute parce que la thérapeute restait très proche de mon fonctionnement spontané. Tout se déroulait en douceur, paisiblement. Je n’ai eu aucun problème, je n’ai ressenti ni recul, ni incompréhension, ni laisser-faire de sa part, mais plutôt une présence attentive et une aide minimale au bon moment.

Comme en PNL, les reformulations ont été aidantes. Mais dans ce travail-ci je me suis sentie plus accompagnée. C’était très “réceptif“, avec beaucoup de présence et de silence. Je trouve qu’il y a beaucoup de force dans un tel cheminement. Il se fait pas à pas, sans investigation, sur simple “invitation“, ce qui permet de rester très proche de soi-même dans l’instant présent. C’est très riche et intéressant.

Comme thérapeute et chercheuse

De la spécificité de la modélisation symbolique

Cette approche ramène très aisément le sujet à lui-même, dans son corps et dans le présent. C’est une démarche profondément phénoménologique, qui permet au vécu de se révéler et de se métamorphoser de lui-même, en y étant simplement appelé par les mots et la mise en acte. A ma connaissance, c’est un sommet dans ce domaine, dans la psychothérapie occidentale : en une seule séance, petit pas par petit pas, le clinicien favorise une transformation venue de l’intérieur en invitant simplement la personne à “ être “ et donc en me permettant de vivre une réalité d’un autre ordre dans l’unité.

De la comparaison avec la PNL

Il y a une affinité épistémologique et humaniste entre les deux approches : elles participent toutes les deux d’une grande ouverture à l’autre (attention et respect de la personne), en restant toujours très proche et permettent de mieux comprendre le fonctionnement naturel de l’esprit humain.

Je savais que l’Approche Clean s’appuyait constamment et uniquement sur l’espace, sur les métaphores et le non-verbal du sujet. J’en connaissais la puissance en théorie, mais j’ai été et suis encore surprise d’avoir transformé mon vécu si aisément et si profondément en une seule séance.

Par comparaison à la PNL, l’expérience vécue de l’intérieure domine dans le Clean Language. En cela, celui-ci a quelque chose de plus radical à offrir, quelque chose qui, sous un dehors très modeste, est terriblement vrai ! Par contraste, du fait que l’explicitation est plus systématique et plus poussée en PNL, l’analyse peut prendre le pas sur le vécu. Cela produit beaucoup d’informations “objectivables“ qui, en termes de recherche, apportent plus de précision et, par là, plus de possibilités techniques pour étudier scientifiquement le déroulement et la structure de l’expérience subjective.

Ce travail a confirmé que notre inconscient est toujours là. Au naturel et dans un contexte bienveillant, il n’y a pas de césure dans le fonctionnement de l’esprit humain. Et quand il y en a, c’est la souffrance ou la peur qui la créée. Au naturel, l’inconscient émerge et agit de lui-même. Il faut simplement l’”inviter“ … convenablement ! Cela se constate également en PNL, notamment quand le sujet est invité à trouver les ressources ou les souvenirs dont il a besoin, et à en faire usage au bon endroit et au bon moment, dans la trame même du travail thérapeutique et de sa vie.

En plus, PNL et modélisation symbolique sont toutes deux anti-dualistes. Elles n’impliquent aucune opposition entre le corps et l’esprit. Dans les deux, il y a constamment alliance, unité, passage de l’un à l’autre. Néanmoins, jusqu’ici la PNL n’avait pas trouvé la méthode qui permet de susciter une transformation aussi fluide, aussi profonde et globale, PAR et DANS les métaphores.

Pour résumer mon point de vue en termes métaphoriques, je dirais que la PNL relève de la joaillerie avec ce qu’elle a de chatoyant et de sophistiqué, tandis que l’Approche Clean relève plutôt de la poésie avec tout ce qu’elle peut recéler de profondeur et de simplicité!
 
La première, typiquement occidentale, est dans l’action, l’extériorisation, le Yang alors que la seconde, de sensibilité orientale, est plus dans la présence, l’intériorité, le Yin, deux façons d’être au monde qui nous sont plus que jamais nécessaires.

Après décantation …

A mes yeux, la Modélisation Symbolique est arrivée à un bon moment dans l’histoire de la PNL, un moment où, à mes yeux, elle se laisse tantôt emporter par une dérive “cognitivante“, qui éloigne le sujet de lui–même, tantôt séduire par un syncrétisme qui la prive des ressources de la pensée.

James Lawley et Penny Tompkins sont les modélisateurs du travail de David Grove et, par là, les “concepteurs“ de l’Approche Clean. Ils considèrent que leur apport doit “prendre place sous“ l’ombrelle de la PNL à cause de sa base dans la modélisation (de l’excellence thérapeutique) et parce qu’elle travaille avec “la structure de l’expérience subjective“ concrètement vécue. En fait, James Lawley pense, comme moi, “qu’elle correspond mieux à l’ethos original de la PNL que certains ‘développements’ ultérieurs qui, à son avis, sont trop “top-down“, vont trop de haut en bas“.

Ces propos essentiels me portent à dire que, grâce à leur travail et à son ancrage dans un constructivisme plus expérientiel, la PNL peut elle aussi “revenir à la maison“.

08.08.08

Monique Esser & Noémie Dehouck
Monique Esser est thérapeute, formatrice, chercheuse et auteure en PNL. Comme ce fut le cas lorsqu'elle a "rencontré" la PNL, elle a entrevu très rapidement la force transformatrice de la modélisation symbolique .
Elle l'a donc expérimenté sans hésiter, pour résoudre les difficultés inhérentes au nouveau livre qu'elle écrit actuellement sur la PNL.  La séance ci-dessus est la première d'une série de quatre séances. 
 
Noémie Dehouck
Certifiée par Penny Tompkins et James Lawley.
Co-traductrice du livre de référence "Des métaphores dans la tête".
Forme à l'ensemble de l'Approche Clean avec beaucoup de plaisir, en France et à l'étranger.
Coach et thérapeute, travaille en  "face à face" et par téléphone.
Noémie est également attentive à la parentalité adoptive qui est en plein essor.
Pour la joindre, tél : (33) 6.12.47.05.76
 
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